« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus que de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie »
Albert Londres - 1884_1932

Lauréat 2000

> 17/02/2012

Lauréat 2000


Anne Nivat

Née en 1969. Docteur en Sciences politiques, diplômée de l'IEP de Paris, licence de Langues étrangères appliquées, Hypokhâgne.
Depuis 1998, Anne Nivat est correspondante à Moscou, de Ouest France, Le Soir, Radio Monte Carlo, US News & World report. Envoyée spéciale de Libération en Tchétchénie. Installée depuis octobre 1998 à Moscou, Anne Nivat a été arrêtée par les Russes en février 2000, interrogée puis chassée de la zone des combats.
Elle a obtenu le Prix pour ses articles sur la Tchétchénie, publiés notamment dans Libération et pour son livre Chienne de guerre (Fayard).
Elle a été élue au 3e tour par 11 voix sur 21. Ont également obtenu des voix : Vincent Hugeux (L'Express), Laure Mandeville (Le Figaro), Marc Epstein (L'Express) et Frédéric Bobin (Le Monde).


Interview d'Anne Nivat

"Le désir et le plaisir d'être un intermédiaire"
Le 62ème Prix Albert Londres de la presse écrite a été attribué à Anne Nivat, 31 ans, journaliste "free-lance", aujourd'hui correspondante permanente à Moscou pour le quotidien français "Libération". Le président du Jury du Prix Albert Londres, Henri Amouroux, a qualifié ses reportages, écrits entre septembre 1999 et février 2000 sur la guerre en Tchétchénie, "d'une grande densité et intensité d'écriture".

Vous venez d'être récompensée par le Prix Albert Londres, que ressentez-vous ?
Bien évidemment un honneur énorme même s'il est vrai qu'en couvrant la guerre en Tchétchénie, je ne m'attendais ni à recevoir un prix, ni à écrire un livre (*) ! En tant que journaliste "free-lance" à Moscou, j'ai simplement ressenti le devoir d'aller sur le terrain et puis j'y suis restée...

Peu avant votre prise de parole, Henri Amouroux a relevé l'accélération de la communication avec ses risques d'erreur, accentués par la concurrence entre les différents médias, évoquant aussi l'affaire du charnier de Timissoara. Il a précisé les six semaines de voyage pendant lesquelles Albert Londres pouvait prendre connaissance, écrire et méditer sur son sujet, un laps de temps qui fait souvent défaut aux journalistes d'aujourd'hui ?
Tout à fait mais il faut que nous, les journalistes, même si ce n'est pas toujours possible, prenions cependant du temps pour rester sur le lieu du reportage et ce, malgré la concurrence. Mais lorsque j'étais en Tchétchénie et pour des tas de raisons, je n'ai même pas pensé à elle. J'avais bien d'autres choses à régler notamment trouver le moyen d'envoyer mon article en France. On peut être le meilleur journaliste du monde, si son papier ne parvient pas à une rédaction, l'article n'existe tout simplement pas. Hors dans ce pays, où j'ai travaillé pendant six mois, il n'y a plus rien : ni eau, ni électricité, ni école, ni travail mais seulement des bombes qui tombent, des gens qui essaient de survivre et des journalistes qui tentent de les comprendre. C'est ce que j'ai essayé de faire...

Comment avez-vous débuté dans ce métier ?
J'ai toujours voulu être correspondante à l'étranger mais sans avoir suivi d'école de journalisme ; j'avais simplement étudié le russe en seconde langue. L'accès à la profession en France étant difficile, j'ai pensé qu'il était préférable d'aller à l'étranger. Ensuite, je me suis faite connaître auprès de différentes publications et pour l'instant, je n'ai pas envie de quitter la Russie même si les autorités ne sont pas très contentes de mes articles.

Quels facteurs vous ont aidé sur ce terrain de guerre ?
Tout d'abord, je suis une femme et, dans le Caucase, elles comptent un peu pour du beurre mais aussi, il m'a semblé qu'il fallait être la plus discrète et la plus invisible possible. Rien ne laissait paraître ma fonction de journaliste : pas de micro, d'appareil photo, de caméra de télévision, d'ordinateur,... simplement quelques feuilles de papier cachées dans mes bottes, des crayons dans mes poches et un téléphone satellite pour envoyer mes papiers. C'était d'ailleurs un peu embarrassant et je l'avais plaqué sur mon ventre à l'aide d'une grosse écharpe.

Quelle a été votre principale motivation pour couvrir ce conflit ?
Mon grand amour pour le reportage mais aussi pour la Russie même si ses habitants sont actuellement impliqués dans un conflit douloureux et saignant. Vous savez, personne ne comprend véritablement la Russie et l'Occident en a peur. Mon but est de raconter concrètement qui sont les Russes, comment ils vivent ou survivent à cette fin du régime communiste. D'ailleurs, je n'ai pas envie d'écrire uniquement des reportages négatifs. Aujourd'hui correspondante permanente à Moscou, je vais peut être pouvoir couvrir certains aspects de leur vie quotidienne par des sujets plus difficiles à vendre en "free-lance" comme par exemple, la réussite d'un entrepreneur au fin fond de la Sibérie, même si ce n'est pas dans l'air du temps...

Qu'est-ce qui vous motive en tant que correspondante à l'étranger ?
Le désir et le plaisir d'être un intermédiaire, ni plus ni moins, entre mes lecteurs, que je ne connais pas mais qui font l'effort d'acheter le journal et mes interlocuteurs qui ont tous, à mes yeux, la même importance que ce soit quelqu'un de haut placé au Kremlin ou un homme de la rue.

Annick Cojean, membre du jury, vient très justement de souligner que "Le prix Albert Londres est aussi un piège car il n'est pas uniquement une consécration mais aussi une exigence porteuse de sens et de devoir pour le reste de la vie professionnelle", que vous incite ce prix ?
A continuer car j'ai encore envie d'écrire beaucoup, beaucoup, beaucoup d'articles et pas forcément sur la guerre parce que... c'est trop dur !

Propos recueillis par Véronique Hamel
(lors du discours de remise du Prix Albert Londres le 17 juillet à Courchevel - Tour de France 2000)

(*) Chienne de guerre (Editions Fayard)

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